Notre propre entrée dans l'existence
Pour chacun d'entre nous, la croyance la plus importante
est celle en notre propre existence. Nous attachons aussi de l'importance
à posséder une identité qui nous est spécifique.
Il importe que nous soyons différent car nous ne pouvons
exister que si nous différons les uns des autres.
Ces deux croyances réunies -que nous existons
et que nous possédons telle ou telle identité- produisent
ce que nous sommes. Ces croyances créent la personne que
nous sommes. Ce sont elles qui nous donnent ce sentiment d'être
séparé des autres et du monde qui nous entoure. Ce
sont également elles qui déterminent les caractéristi-
ques de notre personnalité et de notre histoire personnelle.
Et comme nous sommes les croyances que nous nourrissons quant à
notre identité, nous venons à exister exactement de
la même manière que les croyances.
Bien que cela puisse de prime abord paraître
difficile à concevoir, un examen point par point du processus
va nous permettre de voir combien, en réalité la chose
est simple. Nous commençons tout d'abord par développer
la croyance en un soi (ou moi), par opposition à "l'autre"
(ou non-moi). Puis, ayant créé cette croyance en un
moi, nous lui attribuons une identité en érigeant
un ensemble de croyances, par exemple que nous sommes, drôle,
intelligent, paresseux, vulnérable, etc. A chaque fois que
nous nous attribuons une certaine caractéristique en nous
appuyant sur une croyance, nous nous séparons de la caractéristique
contraire et la tenons à distance.
Nous la bannissons. Et, dans bien des cas, nous
la repoussons en l'attribuant à autrui. Nous attribuons ce
que nous ne voulons pas être nous-même à d'autres
personnes, en projetant sur elles nos propres défauts indésirables
... Nous chérissons un ensemble de croyances -nous les faisons
nôtres, nous nous réclamons d'elles et nous nous y
identifions- et rejetons loin de nous toutes les caractéristiques
opposées - nous nous en désidentifions.
Peter Fenner - in "Le courage de se libérer"
Qu'est-ce qu'une croyance ?
Nous savons donc maintenant que le stress est engendré
par des conflits entre nos croyances. Afin de pouvoir déterminer
de quelle manière nous créons ce processus, il nous
faut d'abord comprendre ce que sont les croyances.
Les croyances sont une représentation de ce qui est. Une
croyance est une représentation. Nous pouvons donc faire
l'expérience de ce que représente une croyance, mais
nous ne pouvons pas dire ce qu'elle représente puisque seule
la croyance peut le faire. Les choses que représentent les
croyances n'ont pas la capacité de nous dire ce qu'elles
sont. Elles se contentent d'être. C'est aux croyances qu'incombent
la fonction de représenter ce qui est.
Croire que nos représentations sont ce qu'elles représentent
nous place dans l'incapacité de connaître les choses
telles qu'elles sont. Donc, pour leur plus grande part, nos croyances
nous coupent de la réalité.
Il existe divers types de croyances. Certaines
sont simples, d'autres constituent un système complexe regroupant
des croyances plus simples. En voici quelques exemples, du type
le plus simple au plus complexe :
- les identifications
- les caractérisations
- les jugements
- les opinions
- les interprétations
- les explications
- les théories ...
Peter Fenner - in "Le courage de se libérer"
L'origine du stress
Le stress survient quand nous pensons que les
choses pourraient ou devraient être différentes de
ce qu'elles sont. En d'autres termes,le stress est provoqué
par une disparité entre "comment sont les choses"
et "comment nous aimerions qu'elles soient".
Combien de fois ne pensons-nous pas : "si
seulement..."?
En voici quelques exemples familiers :
-si seulement j'avais plus de temps
-si seulement j'avais plus d'argent
-si seulement je n'étais pas obligé(e) de
-si seulement il/elle pouvait...
Chacun d'entre nous pourrait établir sa propre liste de "si
seulement". Sous cet angle, nous pouvons mieux voir quel point
le stress nous est familier et est omniprésent dans notre
vie. Il semble que nous passions une grande partie de notre temps
avec ces tensions dont l'intensité se situera, selon le cas,à
un niveau allant de minime à très intense. Le degré
de stress que nous éprouvons dépend de deux facteurs
:
* l'ampleur de l'écart entre "ce qui est" et"ce
qui devrait être"
* le sens ou l'importance que nous attribuons à cet écart.
Plus l'écart est grand, plus le stress est intense. Plus
l'écart a de sens à nos yeux,plus le stress est important.
...
Peter Fenner - in "Le
courage de se libérer"
Notre expérience
de "ce que sont les choses"
dépend de nos croyances
Lorsque nous pensons à "ce que sont
les choses", nous avons tendance à croire que notre
perception est indépendante de nos préférences,
de nos souhaits, de nos croyances ou de nos interprétations.
Nous sommes persuadés que notre expérience de "comment
sont les choses" n'a aucun rapport, ou très peu, avec
nos croyances, nos opinions ou nos jugements de valeur.
Une croyance est un mécanisme qui engendre
notre expérience. Tel n'est pourtant pas le cas. Une croyance
est bien davantage "qu'une vague opinion" sur quelque
chose. C'est un mécanisme qui détermine la nature
de ce que nous vivons.
Par exemple, si nous croyons être une personne ordonnée
nous ne verrons pas le désordre que d'autres, ceux qui pensent
que nous sommes désordonnés, verront.
A nos yeux, il n'y a vraiment aucun désordre, il n'existe
pas.
Prenons une expérience immédiate
très concrète, comme par exemple celle d'être
assis en train de lire ce livre. Nous ne pouvons pas comprendre
cette expérience, nous ne pouvons pas la vivre en faisant
abstraction de tout un ensemble de croyances transparentes sur des
choses telles que : qui nous sommes, en quoi consiste le fait de
lire, d'être assis, la nature de ce que nous lisons et la
signification de ce qui est.
Peter Fenner - in "Le courage de se libérer"
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